Les chiffres du commerce extérieur de la France – 02/17 – Revue de presse

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Les chiffres du commerce extérieur de la France

Le Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger,
Matthias Fekl a présenté les chiffres annuels du commerce extérieur de biens et des services. En 2016, une conjonction
de facteurs négatifs a pénalisé le commerce extérieur de la France (retards dans la chaîne de fournisseurs d’Airbus) ;
dans ce contexte, le déficit commercial sur les biens augmente légèrement en 2016 : 48 Md€ contre 45 Md€. Le nombre
d’entreprises exportatrices se replie très légèrement et momentanément en 2016 de 700 entreprises environ, soit un recul
de 0,6 %. Plusieurs secteurs ont contribué largement à cette aggravation.
L’aéronautique, est en quasi-stagnation, après un envol de 11,3 % en 2015. Les livraisons en Europe (+ 2,4 Mds à
26,5 Mds EUR) ont compensé la décélération enregistrée en Chine (- 1,7 Md à 4,8 Mds EUR), aux États-Unis (- 1 Md à 7,7
Mds EUR), à Sri Lanka (- 1 Md à 4 Mds EUR), en Corée du Sud (- 1 Md à 0,1 Md EUR) et au Qatar (- 0,8 Md à 1,2 Md
EUR). Conjuguée à la hausse des importations aéronautiques (+ 10,7 % à 39,48 Mds EUR), la baisse significative des
exportations (58,08 Mds EUR au total) a provoqué un recul de 17 % de l’excédent commercial, à 18,6 Mds. L’aéronautique
présente cependant toujours un solde positif. « La raison est surtout conjoncturelle », a nuancé Matthias Fekl, évoquant
notamment des retards de livraison de la part des sous-traitants d’Airbus.
Du côté de l’automobile, les exportations, après avoir bondi de 8,6 % en 2015, n’ont progressé que de 3,9 % l’an
dernier. La hausse des importations (+ 10,1 % à 53,9 à 18,6 Mds), notamment d’Allemagne, a dépassé celle des
exportations, si bien que son déficit s’est envolé de 51 % pour atteindre 9,7 à 18,6 Mds. Une tendance persistante qui
inquiète Matthias Fekl, d’autant qu’elle s’accompagne d’une dégradation de l’excédent des équipements automobiles,
tombé en un an de 1,3 Md à 0,5 Md EUR.
Le secrétaire d’État a pointé du doigt les délocalisations à l’est et au sud de l’Europe, dans le sillage des
constructeurs eux-mêmes. Il a insisté sur le contexte mondial marqué par un ralentissement de la croissance dans les pays
émergents. Ainsi la Chine, avec 6,5 %, a connu son plus bas niveau depuis 25 ans. Le secrétaire d’État a aussi voulu
pointer les résultats obtenus à moyen terme, rappelant que le déficit commercial de 2016 reste malgré tout en deçà de son
niveau de 2014. Depuis cette date, la compétitivité-coût de la France s’est améliorée de près de 7 % par rapport à la
moyenne de l’OCDE, selon le Quai d’Orsay. De même, la part de la France dans les exportations mondiales est restée
stable depuis 2011, à 3,5 %. Mais une étude publiée fin janvier par l’institut COE-Rexecode souligne que malgré
l’amélioration de la compétitivité-coût de ses entreprises, la France a encore perdu des parts de marché à l’exportation l’an
dernier.
Le chiffre français cache en fait une aggravation bien plus inquiétante. Le solde des biens manufacturés, c’est-à-dire
hors agriculture, énergie et matériel militaire, s’est creusé de plus de 10 milliards d’euros l’an passé. Il s’est élevé à 35
milliards d’euros, dépassant son record de 2011. On est donc loin du déficit zéro, hors énergie, fixé par François Hollande
lors de son arrivée à l’Elysée et abandonné deux ans plus tard. Ce chiffre seul dit beaucoup sur la faiblesse du tissu
productif français en général et de l’industrie en particulier. Il montre surtout qu’il n’y a pas eu d’amélioration de la
compétitivité française depuis 2012. Le solde de l’automobile s’est dégradé de 2,5 milliards en un an et le problème est
grave, parce que structurel. Autre raison de l’accroissement du déficit commercial global qui pourrait se révéler n’être que
temporaire : les importations d’équipements mécaniques, électroniques et informatiques ont été fortes. Cela s’explique au
moins en partie par le dynamisme de l’investissement de l’entreprise, tiré l’an passé par la mesure de suramortissement des
investissements productifs.