Le conseil de l’hydrogène veut propulser cette énergie sur le devant de la scène – 01/17 – Revue de presse

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Le conseil de l’hydrogène veut propulser cette énergie sur le devant de la scène

En marge du forum économique mondial de Davos, treize groupes industriels de l’énergie (Total, Air Liquide, Shell, Engie, Linde, Kawasaki, Anglo-American) et du transport (Alstom, Honda, Daimler, Toyota, Hyundai, BMW) ont annoncé s’unir pour promouvoir l’hydrogène comme élément clé de la transition énergétique. Ces multinationales, pesant collectivement plus de 1 000 milliards d’euros de chiffre d’affaires, couvrent donc toute la filière d’exploitation potentielle de l’hydrogène : mines, gaz industriels, automobile, énergie. A travers cette association, les treize groupes acceptent de partager leurs données et leurs recherches, afin de trouver des solutions pour rendre l’hydrogène profitable, et généraliser ainsi son utilisation dans les secteurs de la production énergétique et des transports. En effet, au-delà de la simple voiture à pile à combustible testée depuis plusieurs années, l’hydrogène pourrait être utilisé pour stocker le surplus de production des énergies renouvelables intermittentes (solaires, éoliennes).
Dans quel but ?
L’objectif est de favoriser la recherche sur l’hydrogène pour en faire une réelle filière viable pour la transition énergétique. Au cours de la cérémonie de lancement, les membres ont indiqué qu’ils comptent, pour commencer, investir 1,4 milliard d’euros par an. Ils appellent les dirigeants du monde entier à s’engager en faveur de l’hydrogène, pour voir une possibilité d’atteindre les objectifs climatiques de l’Accord de Paris.
Pourquoi l’hydrogène ?
L’hydrogène, élément chimique le plus abondant dans l’univers, est une molécule qui n’existe pas à l’état naturel sur Terre. Il abonde cependant sous forme atomique et fait l’objet d’une exploitation chimique importante en raison de son caractère particulièrement énergétique : à poids constant, sa combustion sous forme gazeuse génère trois fois plus d’énergie que l’essence. L’hydrogène présente un avantage primordial : sa combustion est non carbonée. C’est donc une source d’énergie qui ne relâche pas de dioxyde de carbone et qui ne contribue pas au réchauffement climatique. Il convient cependant de reconnaitre que sa production n’est aujourd’hui pas encore totalement respectueuse de l’environnement, on estime malheureusement que plus de 90 % de l’hydrogène consommé aujourd’hui est produit à l’aide d’une source d’énergie fossile polluante (gaz naturel ou pétrole).
Stocker de l’énergie ?
L’hydrogène pourrait être utilisé pour stocker la part des énergies renouvelables qui est produite mais perdue, faute de moyens de stockage. L’éolien et le solaire sont caractérisés par l’intermittence de leur production : tributaires des conditions météorologiques, ils ne génèrent pas d’électricité de manière fiable et constante. De plus, les moments de production ne correspondent pas forcément toujours aux moments des pics de consommation : l’impossibilité de stocker d’importantes quantités d’électricité entraine donc des pertes importantes. Pour éviter ce gaspillage, il est aujourd’hui envisagé d’utiliser la surproduction des énergies renouvelables intermittentes pour produire de l’hydrogène, facilement stockable, pour ensuite le distribuer en temps voulu via les réseaux de gaz naturel. 
La voiture à l’hydrogène 
Si le développement du véhicule à hydrogène semble aujourd’hui piétiner fautes de stations et d’offre suffisamment large sur le marché, les choses pourraient changer au cours des prochaines années. Les technologies existent et sont déjà testées, reste à faire baisser les coûts de production et de distribution comme a su le faire l’industrie solaire. Une voiture à l’hydrogène coûtait 1 million d’euros il y a cinq ans. Aujourd’hui, on est à 60.000 ou 70.000 euros. C’est le prix d’une Tesla. Mais s’il y a décollage, les prix vont chuter. Des grands constructeurs, et non des moindres – à commencer par le numéro un Toyota -parient sur cette énergie. 
Une idée inscrite dans une continuité
L’hydrogène pour la mobilité n’est pas une idée neuve. Les constructeurs automobiles ont testé l’hydrogène depuis plusieurs années. BMW a fait rouler une Serie 7 avec un moteur à combustion à hydrogène. Mais la voie thermique a été abandonnée au profit de l’électrique. Honda, pionnier dans l’hydrogène, fait rouler sa Clarity depuis 2007. Toyota et Hyundai commercialisent également depuis 2015 deux véhicules dotés d’une pile à combustible à hydrogène, la Mirai et la ix35, qui se vendent de façon marginale. L’initiative s’inscrit donc dans la continuité d’une longue série de travaux en Europe et en Asie qui ont familiarisé les acteurs industriels aux enjeux de la filière. Elle vise d’une part à sensibiliser les pouvoirs publics sur le plan international et d’autre part à accélérer les travaux pour rendre la filière compétitive et visible, l’objectif étant la baisse du coût de production de l’hydrogène et l’utilisation d’énergies renouvelables. Un “Conseil de l’hydrogène” servira de catalyseur pour le déploiement de ces politiques. Pour étayer ses propos, l’Hydrogen Council a publié un premier rapport. Intitulé « How hydrogen empowers the energy transition ». Il présente en détail le potentiel de l’hydrogène et propose une première vision et une série d’actions à mettre en place pour accélérer son développement. A suivre…